1ère partie

C'était un jour ordinaire à l'agence du détective privé Lionel Carsi. A cette exception, l'agence n'avait plus eu de clients depuis des mois. Personne n'avait dont plus besoin d'un détective privé ? Enfin, on dit « garde espoir et un jour tout s'arrange. » Mais bon...
La secrétaire de Lionel en était là de ses pensées lorsque que la porte s'ouvrit violemment. Une dame entra alors. Et quelle dame ! Elle portait une robe en soie pourpre brodée d'or dont l'ourlet était constellé de pierres en ivoires. Un collier d'or et de rubis entourait son cou léger. A n'en pas douter, une grande dame !
- Bonjour, dit-elle à la secrétaire, je voudrais voir Monsieur Lionel Carsi.
- Je regrette mais Monsieur Carsi n'est pas là pour l'instant, dit la secrétaire, mais vous pouvez l'attendre dans son bureau si vous le désirez.
- Volontiers.
- Suivez-moi.
La secrétaire se leva et se dirigea vers la double porte capitonnée, au fond de la pièce. Elle l'ouvrit.
- Entrez, entrez, dit-elle.
La dame s'assit.
- Je peux vous offrir quelque chose à boire ? S'enquit la secrétaire. Café ? Thé, peut-être ?
- Non, merci.
- Très bien.
La secrétaire quitta la pièce.
La dame sortit une cigarette d'un étui en or, l'introduit dans un fume-cigarette en ivoire et l'alluma avec un briquet en argent. Puis elle jeta un coup d'½il autour d'elle.
La pièce était meublée d'un bureau avec deux chaises devant et un grand fauteuil derrière. Posée sur une table trônait un ordinateur et une imprimante fax photocopieur scanner. Sur des étagères, se trouvaient des livres portant sur la criminologie. Attenant à la pièce, était installé un laboratoire dans lequel Lionel Carsis analysait les indices récoltaient lors des enquêtes. Au fond, une porte recouverte d'un rideau donnait accès à ses appartements privés.
Tout en contemplant la fumé, la dame réfléchit... Réfléchit...

Pendant ce temps là, Lionel Carsis et son associée, Camille Randrillant se promenaient tout en conversant.
- Ravissante après-midi, n'est-ce pas Lionel ? Dit Camille.
- Oui, oui, grommela-t-il.
- Mais qu'est-ce que tu as en ce moment ?
- Comment cela ?
- Tu es toujours en train de grommeler, de marmonner dans ton coin.
- Je suis comme un écrivain qui publie un nombre inimaginable de fois son dernier livre. Et quand une enquête ne se présente pas, je rouille.
- Ah ! Sacré Lionel, pouffa Camille, allez, courage rien ne te dit qu'une affaire intéressante ne va pas se présenter à l'horizon.
BRROM !!!!!!!
- Ah ! Voilà l'orage qui arrive, nous ferions bien de rentrer chez nous, dit Camille. Taxi !
- 12 rues du Maréchal Beringing, dit Lionel au chauffeur, tout en s'engouffrant dans le taxi.
Et ils rentrèrent chez eux.

# Posté le vendredi 05 mai 2006 14:04

2éme partie

- Monsieur Carsi ! Dit la secrétaire à Lionel alors que celui-ci traversait l'antichambre, une dame vous attend dans votre bureau !
- Une dame ? Merci Mademoiselle Rebordu.
Lorsqu'il entrèrent dans le bureau, la dame bondit de son siège :
- Vous êtes Monsieur Lionel Carsi ? Lui demanda-t-elle.
- Oui, en effet.
- Je suis la comtesse de Poutonpy.
- Enchanté. Permettez-moi de vous présenter mon associée, Mademoiselle Camille Randrillant.
- Enchanté.
- Asseyez-vous, je vous en prie ! Bien !
Lionel contourna le bureau et alla lui-même s'asseoir derrière.
- Voyez-vous un inconvénient à ce que j'enregistre notre conversation ?
- Pas le moindre.
- Merci madame.
Il brancha le magnétophone. Puis il sortit sa pipe, la bourra, l'alluma, puis ferma les yeux et s'allongea.
- Exposez-moi votre affaire et je vous en supplie, ne vous en tenez pas au faits ! Les moindres détails ont leur importance ! Allez-y !
- Mon mari a disparut Monsieur Carsi !
- Disparut ?
- Oui, voyez-vous, il y a trois jours, il a quitté la maison en me disant qu'il allait chercher une boite de timbres au village. Depuis, il n'est jamais revenu !
- Hm ! Donc, si je résume bien, la dernière fois que vous avez vu votre mari, c'était il y a trois jours ?
- Oui.
- Et c'était chez vous ?
- Oui.
- Pensez-vous que votre mari est pu se perdre ?
- Se perdre ? Oh ! Non, il connaît la région comme sa poche ! Non, c'est impossible.
- Une fugue, peut-être ?
- Pourquoi aurait-il fugué, Monsieur Carsi ?
- Une fugue... amoureuse, peut-être ?
- Oh ! Non, mon mari n'est pas comme ça.
- Il ne nous reste donc plus que l'enlèvement !
- Mais pourquoi, pourquoi, aurait-on enlevé mon mari ?
- C'est la question que je vous pose madame.
- Eh bien... Peut-être pour de l'argent...
- Vous avez reçu une demande de rançon ?
- Non.
- Je vous serais infiniment gré de m'en informé si tel serait le cas !
- Vous pouvez compter sur moi !
- Bien ! A présent dites-moi, y a t-il eu, le jour de la disparition de votre mari, n'importe quoi d'inhabituel, d'insolite, d'inexplicable, de légèrement surprenant, d'un peu curieux, bref, n'importe quoi qui vous aurez fait penser ou dire à quelqu'un : « Tiens ! C'est drôle ! ».
- Eh bien...
- Oui Madame ?
- Comme je vous l'ai dit, mon mari à quitté la maison pour aller acheter une boite de timbres au village ! Mais j'en ai trouvé trois boites pleines, bien en évidence, dans le principal tiroir de son bureau, dans son cabinet de travail !
- Hm ! C'est curieux en effet... Il n'y a eu absolument rien d'autre ?
- Non monsieur.
- Vous êtes sûre ?
- Sûre et certaine, monsieur !
- Très bien !
Il décrocha son téléphone et composa un numéro de deux chiffres.
- Mademoiselle Rebordu
- ...
- Auriez-vous l'obligeance d'annuler tous mes rendez-vous pour le mois à venir ?
- ...
- Merci !
Il raccrocha
- Bien ! La théorie est terminée ! Il est temps de passer à la pratique ! Nous allons vous accompagner chez vous pour étudier l'affaire sur place ! Viens avec moi Camille, nous allons préparer les bagages !

# Posté le vendredi 05 mai 2006 14:09

3ème partie

Deux heures plus tard, ils descendaient du train de St Raymond, là où vivaient le comte et sa femme.
- J'ai téléphoné à George Bibouch, le chauffeur et jardinier afin qu'il vienne en voiture nous cherché à la gare... Ah ! Le voilà !
Un homme ayant atteint la cinquantaine, en uniforme de chauffeur, se tenait effectivement à l'entrée de la gare, devant laquelle était garée une longue limousine blanche, aux vitres tintées.
Il leur ouvrit respectueusement la portière arrière du véhicule.
Le court trajet entre la gare et le manoir permit à Lionel, grand écologiste, d'admirer ce magnifique paysage de printemps. Dix minutes plus tard, ils arrivaient devant le manoir, composée d'une aile principale flanquée de deux tourelles.
- A l'époque, dit la comtesse, la tour de droite était réservée aux hommes de la maison et seul les domestiques de sexe masculin allaient y faire le ménage. La tour de gauche, était réservée aux femmes et seul les domestiques de sexe féminin allaient y faire le ménage. La partie centrale était mixte. Aujourd'hui, tout est mixte mais mon mari c'est réservé la tour de droite. Il y a installé son cabinet de travail et une chambre, au-dessus, il y dort parfois quand il a trop de travail, et seul Laurent Kipouch, son secrétaire, Nestor Dupond, le majordome et maître d'hôtel et Georges Bibouch, ainsi que mon mari, y ont accès. Huguette Solette, la cuisinière et femme de chambre, et moi-même n'y mettons jamais les pieds. Que voulez-vous voir monsieur Carsi ?
- Son cabinet de travail pour commencer. Ensuite, j'aimerai interroger les domestiques.
- Venez, dit la comtesse, c'est par la.
Ils pénétrèrent dans le hall, gravirent le grand escalier et tournèrent à droite. Au bout du long corridor du premier étage, se trouvait une porte. La comtesse l'ouvrit. Ils entrèrent.
Le cabinet de travail du comte était une pièce circulaire. Au centre se trouvait un bureau en noyer massif, avec deux chaises devant et un grand fauteuil derrière. Des livres s'entassaient sur des étagères. Lionel alla s'asseoir derrière le bureau et chaussa ses lunettes. Il jeta un coup d'½il sur les document éparpillées dessus.
- Il n'y a rien dessus, déclara-t-il.

# Posté le vendredi 05 mai 2006 14:13

Modifié le dimanche 14 mai 2006 14:07

4ème partie

Il monta l'escalier en colimaçon qui menait haut de la tour, dans la chambre du comte. Elle était assez rudimentairment meublé d'un lit de camp, d'une vielle malle contenant des habits et d'une petite table de nuit.
- Quelque chose d'intéressant là-haut, Lionel ? Cria Camille depuis le cabinet de travail.
- Rien, répondit-il, je redescends.
Une fois en bas, il se dirigea vers un tableau d'une extrême laideur accroché au mur. Il le souleva.
- Un coffre-fort ! C'est bien ce que je pensais !
- Comment le savez-tu ?
- J'ai trouvé cette clé dans le bureau.
Il l'introduisit dans la serrure et ouvrit le coffre qui contenait un sachet remplis de poudre blanche.
- Du sucre ? ! Dit Camille.
Lionel renifla la poudre.
- Ce n'est pas du sucre !
- Ce n'est pas du sucre ?
- C'est du cannabis !
- Il faut que j'en parle à la comtesse ! Je pense avoir vu tout ce qu'il y avait à voir ici.
Ils quittèrent le cabinet et rendirent visite à la comtesse qui se repoudrait le nez dans son cabinet de toilette, attenant à sa chambre.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 14 mai 2006 14:08

5ème partie

- Madame, dit Lionel, il faut absolument que je vous parle en privé ! Somme-nous seuls ?
- Certainement, je vous écoute !
- Savez-vous si votre mari se... se droguait ?
- Non, pourquoi ?
- Voilà ce que nous avons trouvé dans son bureau, dit Lionel en exhibant le sachet.
- Oh ! Mon dieu ! Dit-elle en s'évanouissant.
Lionel se précipita pour la rattraper. Il entreprit ensuite de l'allonger sur un divan dans sa chambre. Puis il sonna les domestiques. Une femme quinquagénaire, en robe noire, avec bonnet et tablier blanc accourut aussitôt. C'était Huguette Solette, la cuisinière et femme de chambre.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle, affolée.
- Votre maîtresse c'est évanouie, expliqua Lionel.
- Je vais chercher de la glace, des compresses et de l'eau ! Vous, ouvrez les fenêtres ! Elle a besoin d'air !
Lionel et Camille s'exécutèrent. Quelques instants plus tard, Huguette revint avec la glace et des compresses humides. Elles les appliqua sur le visage de sa maîtresse.
- Ca y est, dit Huguette, elle reprend connaissance !
- Comment vous sentez-vous, Madame la Comtesse ? Demanda Lionel.
- Mieux. Excusez-moi, mais, c'est le choc de savoir que mon mari se droguait et... c'est affreux !
- Vous savez ce que cela signifie n'est-ce pas, Madame ? Dit Lionel.
- Comment ça ?
- Si votre mari se droguait, et s'il en avait dans son tiroir, peut-être faisait-il partit d'un trafic et...
- Vous pensez que ce sont des trafiquants qui l'aurait enlever et... tué ?
- Croyez bien que j'en suis le premier désolé, Madame la Comtesse, mais c'est une hypothèse à ne pas écarter, j'en ai peur !
- Oh ! Mon dieu !
- Je vous en conjure Monsieur, dit Huguette à Lionel, laissez-la tranquille, elle a assez souffert comme cela ! Laissez-là se reposer !
- Entendu. J'aimerais interroger les domestiques. Je sais combien votre temps est précieux mais peut-être aurez-vous l'extrême bonté de consentir à m'en accorder quelques minutes ?
- Bien sur ! Allons à l'office !

# Posté le dimanche 14 mai 2006 14:10